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28/07/2011

Pellé et Runberg - Orbital t. 4, Ravages

La série Orbital de Serge Pellé (dessin) et Sylvain Runberg (scénario), démarrait fort, avec trois premiers volumes franchement réussis. La Terre a été contactée par la Confédération galactique, un ensemble de plusieurs centaines de peuples extraterrestres qui, globalement, vivent pacifiquement. Mais les humains sont tiraillés entre leur envie d'intégrer cet ensemble, et des pulsions archaïques de repli sur soi. Des attentats sont menés, une guerre est lancée contre les Sandjarrs, un peuple humanoïde, qui en ressort quasi-décimé.

Mais la Terre se retrouve alors au ban de la Confédération, et Orbital nous montre les premiers progrès de ce monde au sein de cet ensemble, avec notamment l'intégration de Caleb au sein de l'ODI, organisme diplomatique servant au maintien de la paix. Premier humain de l'organisation, il se voit imposer comme partenaire un Sandjarr, un personnage au physique féminin, mais non on ne sait s'il est mâle ou femelle.

Ravages conclut la deuxième mission du tandem. On organise à Kuala Lumpur une imposante cérémonie visant à sceller la réconciliation entre Humains et Sandjarrs. Mais cette cérémonie est menacée par une vague de morts mystérieuses parmi les pêcheurs malais, morts violentes qu'il est tentant d'imputer à des extraterrestres nomades dont les rituels imposent une forme de canibalisme.

Orbital.jpg

Orbital démarrait fort, disais-je: des scénarios bondissants (à défaut d'être forcément neufs), un dessin fantastique (j'adore la façon qu'à Pellé de laisser transparaître ses esquisses sous l'encrage et la colorisation, ce qui donne un caractère vivant au dessin), avec une colorisation qui n'est pas bêtement faite à coup d'aplats sous Photoshop. Bref, une BD efficace et intelligente. Mais ce tome 4 déçoit un peu. Le dessin est toujours aussi bon, mais le scénario pèche par manque de rythme. On peine à se passionner pour l'enjeu, d'autant plus que certaines planches répètent ce qui a déjà été dit ou montré dans le tome 3. Il aurait presque falu que cette deuxième mission soit ramassée en un seul gros tome de 76 pages plutôt qu'en deux de 56, ou alors que les auteurs donnent plus de détails sur leur univers plutôt que de se répéter. Dommage.

Mais un tome 5 est annoncé, et je fais confiance à Pellé et surtout Runberg pour se rattraper, car clairement Orbital peut se poser en digne successeur de Valérian, de Christin et Mézière. C'est actuellement la seule série de qualité qui puisse occuper ce créneau.

23/06/2011

Un dauphin dans le métro

Ca fait déjà un petit moment que j'avoue une admiration de plus en plus forte pour le travail de Dolphin (ou Del'fin, enfin Дельфин quoi), un groupe puis duo russe. Dolphin, c'est essentiellement le rapeur Andreï Lyssikov et le guitariste (et bricoleur sonore) Pavel Dodonov.

Sur scène, ils ne jouent plus qu'à deux, avec une batterie de pédales et de boîtiers sous leurs pieds, comme en témoigne ce Cyberpunk avec un gros sample de Ghost in the Shell par Kenji Kawai:

En vidéo, cela donne des choses très fortes comme Без нас (Sans nous):

Et même lorsqu'ils s'associent à une obscure chanteuse pop finlandaise, cela donne un duo de haute volée:

Mais bref, ce qui me refait parler de lui aujourd'hui (je l'avais déjà fait sur divers forum), c'est le fait que je me suis souvenu qu'en 2009, Dolphin avait été contacté par Dmitri Gloukhovski pour composer une sorte de bande originale pour son roman Métro 2034. Gloukhovski voulait créer comme une sorte de projet multimédia, et avait par ailleurs aussi fait appel à l'excellent illustrateur Anton Gretchko.

De fait, les deux complices ont mis sur le site de Metro 2034 deux pistes, qui aurait dues être suivies de tout un album en 2010, album hélas pas encore disponible.

Et donc Tunnel, piste 1, s'écoute ici, tandis que Tunnel, piste 2 s'écoute là et peut même se regarder ici (vidéo non officielle).

Enfin, une vidéo de "making off", où l'on peut voir que l'enregistrement s'est effectivement fait dans un tunnel, a aussi été mise en ligne:

De l'excellent travail, pour ceux qui aiment les choses électroniques à tendance industrielle.

13/06/2011

Norbert Merjagnan - Treis, altitude zéro

Il faut bien l'avouer, pour moi qui suit handicapé littéraire, à savoir qui ne se souvient que de la trâme et de l'ambiance d'une oeuvre, et non des mots, entamer la lecture de Treis, altitude zéro fut comme un accouchement aux forceps. Il faut dire que trois ans se sont écoulés depuis la parution des Tours de Samarante. Trois ans... quand on a affaire à une oeuvre aussi stylée que celle-là, c'est long. D'autant plus que Norbert Merjagnan ouvre Treis, altitude zéro, qui est la suite immédiate des Tours..., en faisant intervenir d'emblée de nouveaux personnages. Un défi, donc.

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Et puis au bout de quelques pages, le charme opère à nouveau. On se retrouve happé par cet univers étrange, dont on ne saît vraiment où il se trouve. Norbert Merjagnan, usant d'une langue économe et pourtant remarquablement belle, a le don de planter un décor en trois lignes. Quelques mots toujours bien sentis, et nous voilà au coeur de l'Aliène, ce désert qui sépare les villes de Mirande. Et comme Oshagan et Cinabre, on se réveille au milieu de cette caravane guerrière, dont le maître se propose de sauver Samarante de l'invasion des Borgs; des millions de machines qui menacent de déferler sur la ville où nos deux héros viennent tout juste d'être condamnés, suite au canarge opéré par Oshagan. Mais Cinabre a vu que Samarante sera détruite, aussi tous deux décident finalement de vaquer à leurs propres affaire. Joti, la petite soeur d'Oshagan, serait vivante. Aussi leur faut-il rejoindre Treis, où la jeune fille serait.

De Treis, finalement, on verra peu de chose: sa porte - et sa file d'attente sans fin - et un bordel. Le roman eut mieux fait de s'intituler Aliène, altitude variable, tant le désert est finalement au coeur du propos. Peu importe: le titre, c'est pour le commerce.

Treis, altitude zéro est un conte, tout comme Les Tours de Samarante. J'avais écrit des Tours..., sur je ne sais plus quel forum (ActuSF? le Cafard?), qu'on avait affaire à quelque chose comme Gunnm de Yukito Kishiro, mais écrit par Thomas Day. Voilà qui est trop restrictif. Avec l'ajout de ce nouveau tome, on peut ajouter en guise de référence le Roger Zélazny de Seigneur de Lumière, mais avec un style empreint du (faux) détachement de Cordwainer Smith. Autant dire que c'est beau. Souvent cruel, mais beau.

Pour le coup, me voilà plongé dans la plus pure horreur. Pourvu que l'auteur ne nous fasse pas attendre encore trois ans pour le tome de conclusion!