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12/06/2016

Sarik Andreasyan - Survival Game

85237.jpg J'aime rechercher, dans le domaine de la SF, des petits films. Ceux qui n'ont pas forcément de gros budgets, mais qui compensent par plus de liberté, de créativité. Voici donc un film russe qui porte le titre de Survival Game en français (sic), mais dont le titre original était Mafia. Jeu de survie, de Sarik Andreassian. Oui, j'écris le nom du réalisateur en translittérant à la française, même si sur le DVD il est écrit Andreasyan, à l'anglaise.

Car comme d'ordinaire, c'est traduit de l'anglais. C'est fabuleux. Tous les films russes qui paraissent directement en DVD sont traduits de l'anglais. Cette fois-ci je remercie donc Mediadub International à ce travail de mercenaire, qui consiste à faire ce qui n'est absolument pas admissible: une traduction de traduction. J'ai assez relevé ici que ça n'abouti qu'à des catastrophes, surtout avec des doublages ou des sous-titres, pour lesquels il faut faire dense et donc souvent approximatif. 
Pas de bol, en plus: ce DVD n'a pas de VO. Il m'a donc fallu voir la chose en VF, et donc avec des voix dont on ne peut pas dire qu'elles étaient passionnées. 
Mais passons sur ça, et parlons du film.
La disparition du mot "mafia" du titre est dommageable, car le coeur même du scénario repose justement sur l'adaptation d'un jeu portant ce nom.
Le principe est archi-connu: un jeu, mi-maillon faible, mi-télé réalité, avec chaque jour l'élimination d'un des candidats. Une élimination physique, puisque la défaite se traduit par la mort. Archi-banal me direz-vous, depuis le fameux Battle Royale de Kinji Fukasaku, sans compter les Hunger Games, ou même sans remonter jusqu'au Prix du Danger, d'Yves Boisset (1983).
Survival Game, disais-je, adapte un jeu de société soviétique, Mafia. Les joueurs sont divisés en deux groupes, l'un plus important que l'autre, le groupe minoritaire étant composé de mafieux, qui doivent éliminer à chaque tour un joueur. A charge pour les membres du groupe majoritaire de démasquer les mafieux avant d'avoir été tous éliminer.
Dans le film d'Andreassian, le jeu fait l'objet d'une adaptation télévisuel. Nous sommes à Moscou, en 2072. Les candidats, onze en tout, sont volontaires, sauf deux qui sont des prisonniers, lesquels ne gagneront pas d'argent mais seulement leur liberté. Chacun vient pour une cause qui lui est propre. Une ballerine mutilée par un accident et qui rêve de se payer l'opération qui relancera sa carrière; un milliardaire qui pense jouer là un ultime pied de nez à ses héritiers; un homme, malade incurable, qui veut ainsi offrir à sa famille une sécurité financière, etc.
Tous ont subi des tests avant de participer au jeu, des tests qui ont visé à déterminer quelle est leur plus grande peur. Car quand un candidat est éliminé, il meurt... mais il meurt dans une mise en scène qui joue sur sa peur. Ainsi celui qui a peur de la noyade se retrouve sur une minuscule barque, sur la mer, entouré de requins. 
Les acteurs jouent le jeu mais sans plus. Ils sont honnêtes. La réalisation est intéressante, et on remarquera tout particulièrement les décors, très inspirés d'un HR Giger cyberpunk. Si la fin est un tantinet décevante, Survival Game reste un bon film qui mérite le détour.

26/03/2016

Thomas Day - Dragon

belial139-2016.jpgLe Belial a lancé une toute nouvelle collection qui ne peut que me remplir d'aise: "Une heure lumière", avec pour principe publier des textes ni courts, ni longs, des novellas, pour reprendre un terme venu d'anglo-saxonie, bref, le plus souvent ce qu'on appelait encore roman il n'y a pas plus de trente ans, avant que les auteurs ne se mettent à délayer à outrance. Mais là, donc, 150 p., supposées lues en une heure. En vérité, il m'a fallu un petit peu plus que ça, mais peu importe. 

Ça fait longtemps que je suis la carrière d'écrivain de Thomas Day, un formidable auteur de nouvelles. Ses Sept secondes pour devenir un aigle, par exemple, est probablement l'un des meilleurs recueils de SF francophone publié depuis longtemps. Il va sans dire que pour ces deux raisons, la brièveté volontaire et l'auteur, je me suis précipité sur ce Dragon...

... lequel est du Thomas Day dans toute sa splendeur. D'abord par ce retour en Asie, un continent que l'auteur aime explorer. Ensuite parce qu'une fois encore, il nous plonge dans une noirceur impressionnante. L'action se passe à Bangkok, dans un futur indéterminé, mais qui importe peu tant les arguments science-fictionnels sont quasi-inexistants. Un tueur en série s'attaque aux pédophiles, venus en touriste, et aux proxénètes des bordels pour enfants semi-clandestins. Un flic, qui passe son temps à errer dans le quartier gay à la recherche de la parfaite ladyboy, une créature illusoire ni homme ni femme mais les deux, est chargé de l'enquête. Une enquête qui doit se faire en toute discrétion, le tueur étant d'ailleurs supposé disparaître sans passer par la case procès. Du foutre, du sang, du Day. Un Day d'un efficacité redoutable: on tourne les pages sans s'arrêter, en se passionnant pour un récit découpé en chapitre plus ou moins longs (certains ne dépassent pas trois lignes). 

C'est donc a priori une réussite. Le hic est que j'ai eu la furieuse impression de relire La Cité des crânes, du même auteur, déjà au Belial. Bien sûr l'histoire n'est pas la même. Mais le cheminement du héros, du milieu de la prostitution à un lieu mystique en pleine jungle presque similaire, à ceci près qu'il n'y avait pas d'enquête dans le précédent roman. Bref, ce n'est pas tout à fait neuf. Mais c'est remarquablement fait.

Leigh Brackett - Les Hommes stellaires

MasqSF008.jpgJ'adore Leigh Brackett. Je l'ai déjà dit ici et ici, par exemple. Mais il y avait un court roman que je n'avais pas encore lu d'elle, Les Hommes stellaires, datant de 1952. La chose a été traduite deux fois en français, et mon choix s'est porté sur la version parue au Masque en 1974.

Michael Trehearne est a priori un humain comme les autres. Mais lorsqu'il fait la rencontre d'extraterrestres venus discrètement sur Terre, il se rend compte qu'il est l'un d'eux. Ou plutôt le descendant de l'un d'eux. Dans quelles circonstances ses ancêtres ou parents sont arrivés là, on ne le saura pas vraiment puisque hop: Trehearne est embarqué par ces ET, et il ne reverra plus jamais la Terre. Il se trouve que les ET en question sont des Vardda, le seul peuple de la galaxie a avoir pu bénéficier d'une mutation artificiel permettant de voyager d'une étoile à l'autre, une mutation créée par un savant déclaré par la suite hors la loi et disparu depuis un millénaire. Les Vardda servent depuis de commerçants interstellaires, seul lien qu'ils sont entre les mondes. Mais leur richesse ainsi acquise choque les derniers humanistes subsistants, qui rêvent de retrouver le secret du savant et de le dévoiler à la galaxie entière. C'est d'autant plus nécessaire que les autres peuples envient jusqu'à haïr les Vardda.

J'attendais sur space opera pulp, j'ai eu le droit à un pensum poussif sur l'amitié entre les peuples. En soi, ce n'est pas inintéressant, mais ce petit roman peine à convaincre, partant du principe que le vol interstellaire, c'est comme le vol ultrasonique: il faudrait un physique particulier pour aller plus vite que la lumière. Déjà, ça ne tient pas debout. Mais au delà de ce problème scientifique même pas crédible lors de la publication originelle du roman, la construction elle-même est maladroite, avec un fort long voyage commercial supposé nous faire découvrir les autres peuples de la galaxie, mais qui peine à être autre chose qu'un long délayage. 

Vite lu, vite remis au fond d'un carton.