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18/02/2019

Charlemagne-Ischir Defontenay - Star ou Ψ de Cassiopée

Star.jpgPublié initialement en 1854, Star ou Ψ de Cassiopée de Charlemagne-Ischir Defontenay est un pur OVNI littéraire. Ce n'est pas un roman, ni un recueil de nouvelles ou de poésie. C'est un traité historique et ethnographique du même genre que ceux qu'on publiait alors sur les pays d'Asie, par exemple. À ceci près qu'il concerne un autre système stellaire, celui de Star ou Ψ de Cassiopée. Les textes s'y présentent comme la traduction de manuscrits découverts dans une météorite dans l'Himalaya, puis patiemment déchiffrés. On nous donne ainsi à lire une histoire des Stariens, un peuple humanoïde créateur de plusieurs civilisations originales, qui se sont cependant effondrées sous les coups d'une terrible maladie. Une poignée de survivants a cependant pu fuir dans l'espace, pour coloniser les autres planètes du système, où ils ont rencontré là encore d'autres civilisations. 

Suivent, après cet historique, des fragments de la culture starienne: des textes littéraires, des pièces de théâtre, des poésies. La forme du livre est d'autant plus surprenante que la partie "terrienne", qui relate la découverte des documents et leur lecture, est entièrement rédigée en vers. 

Il est difficile de décrire dans l'ensemble cette œuvre hors normes, dont la date même de publication surprend, tant elle contient d'éléments absolument originaux non seulement pour l'époque, mais aussi pour les décennies à venir.

Star ou Ψ de Cassiopée est un bijou, et sa réédition chez ArchéoSF est une excellente chose.

Jack McDevitt - Seeker

Seeker.jpgDans un futur lointain, à plus de 9000 de nous, l'humanité a essaimé à travers la galaxie. Une humanité apaisée: les conflits ont quasiment disparu, et l'on vit dans une sorte d'utopie libérale qui semble au premier coup d'oeil plutôt sympathique (il faut dire que l'auteur donne assez peu de détails expliquant comment ça fonctionne).
Alex Benedict est un chasseur de trésors. Un genre d'Indiana Jones du futur. Avec son assistante Chase, il traque les artefacts rares, pour les revendre à prix fort. Il est du coup l'ennemi juré des archéologues universitaires, qui l'accusent d'être un pilleur.

Un jour, une jeune femme montre à Alex et Chase une coupe à expertiser. Or il se trouve que celle-ci a appartenu au Seeker, un légendaire vaisseau spatial qui a contribué, des millénaires auparavant, à la fondation d'une colonie utopiste maintenant perdue et oubliée, Margolia. Les deux associés vont alors se lancer dans la quête du vaisseau perdu.

Seeker de Jack McDevitt est un roman plutôt agréable à lire. On tourne les pages sans aucun problème, on y découvre des choses intéressantes, comme ces IA qui peuvent générer des personnalités du passé à partir des archives. C'est plaisant, avec ce qu'il faut de rebondissements. Mais... Publié en 2005, il a l'allure d'un roman des années 80. Peut-être est-ce la faute de la traduction, mais quand même, des disquettes? En 9000 et des bananes après J.-C.? Sérieusement? Et ces codes sociaux qui semblent calqués sur ceux de Berveley Hills? Et le fait que ce soit le premier tome d'un cycle intitulé "Alex Benedict", alors que c'est son assistante, Chase, qui fait tout le boulot? Sans compter sur la moralité douteuse du dit Alex, qui est, comme je l'ai dit, autant archéologue qu'Indiana Jones.
Plaisant, ok. Mais très bon, certainement pas. 
Alors "prix Nebula"...
Ça fait un moment que je me dis que les prix américains de SF ont un peu perdu la tête: on en a ici un bel exemple.

26/01/2019

Paul Féval - La Vampire

Feval.jpgJ'aime bien les vieux feuilletonnistes. Certains trouvent ça poussif et ennuyeux, pensant que ce n'est pas de la grande littérature, moi j'aime y trouver une certaine forme d'inventivité qu'on ne trouve pas forcément ailleurs. C'est le cas avec La Vampire de Paul Féval, récemment réédité aux éditions (bien nommées) Éternel.

Le fameux auteur du Bossu s'empare ici d'un thème alors très à la mode, dans lequel s'était déjà illustré l'autre grand feuilletonniste Ponson du Terrail avec la Femme immortelle. Il le fait d'ailleurs de la même manière en amenant en plein Paris une femme vampire. Feval, lui, place son intrigue en 1804, à l'aube du couronnement du Premier Consul Bonaparte. 

Deux rumeurs parcourent alors la capitale: Georges Cadoudal, le fameux chouan, s'y cacherait. Mais surtout il y aurait une vampire, d'où la profusion de cadavres ou de morceaux de cadavres que l'on pêche régulièrement dans la Seine, suscitant la convoitise des pauvres depuis qu'un nommé Ézéchiel a repêché une main dotée d'une riche bague. 

Le héros de l'histoire est un homme déjà âgé, le gardien de la morgue. Sa belle-fille doit épouser un jeune homme breton, issu de la petite noblesse. Les deux se vouent un amour fou, mais voilà que subitement le jeune homme fuit sa future femme et lui préfère la sœur de la magnifique Addhéma, comtesse Marcian Gregoryi. 

La Vampire est bien du feuilleton: Feval charge son intrigue de digressions pas toujours utiles. Mais il a l'art malgré de nous plonger dans le Paris de cinquante ans avant son époque, un Paris qui sort du tumulte de la Révolution et qui s'apprête à se donner un empereur. Les complots y sont monnaie courante. De ce fait, qu'est donc la comtesse Gregoryi? Une comploteuse? une riche excentrique? ou bien réellement une vampire? Et qui est donc sa sœur, qui lui ressemble tant mais qui est aussi brune que l'autre est blonde?
Feval apporte aussi sa touche d'originalité au thème du vampire, réinventant bien des motifs et se les appropriant d'une manière surprenante. Le chapitre final vaut d'ailleurs à ce sujet carrément le détour.
Sans être un grand roman, La Vampire de Paul Féval s'avère au final un texte tout à fait sympathique. On regrettera cependant que la présente édition soit relativement médiocre, le travail sur la typographie étant plus qu'aléatoire, il est parfois difficile de distinguer un dialogue d'un paragraphe ordinaire.