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02/11/2012

INTERCO va renaître!

Je me permets de recopier un appel publié ailleurs par Jean-Michel Archaimbault, appel auquel je compte bien répondre, d'une manière ou d'un autre - ceux qui me suivent savent à quel point j'aime l'oeuvre des Le May:

Interco.jpg

"PROJET INTERCO
Les esprits curieux auront sûrement noté la présence, au programme de la Collection Blanche pour fin 2013, d’un volume intitulé INTERCO.
Tel que le projet est aujourd’hui configuré selon Jean-Marc Lofficier et moi-même, il comprendra une introduction relative aux « Enquêtes Galactiques » publiées en Anticipation entre 1966 et 1979 par J. et D. Le May, une partie encyclopédique similaire à celle de « Martervénux », un résumé succinct de tous les romans de la série, et idéalement plusieurs nouvelles inédites s’insérant dans le contexte INTERCO.
Nous en sommes actuellement au recensement des entrées du futur lexique encyclopédique. Les quatre enquêtes « canoniques » ayant pour héros les célèbres Rockenret et Gerdavid auront été traitées d’ici mi novembre, et le nombre astronomique d’entrées rien que pour les trois premières confirme ce que les lecteurs de ces romans avaient déjà noté : la Fédération Galactique des Le May peut s’inscrire parmi les plus fouillés des univers de la SF francophone classique…
Toutes celles et tous ceux d’entre vous qui seriez motivé(e)s pour participer au projet en proposant une nouvelle serez les bienvenu(e)s.
Le cahier des charges est simple à tracer :
1) s’intégrer dans l’univers INTERCO en utilisant ses données, ses constantes et ses thématiques principales,
2) respecter une unité stylistique avec l’oeuvre originale de J. et D. Le May (pas de « mise en boîte » ni de décalage « iconoclaste »),
3) imaginer une « Enquête Galactique » de longueur raisonnable (15 à 30 feuillets A4 normalisés double interligne, Times 12, 1500 signes espaces compris) mettant en scène des enquêteurs déjà mentionnés par les Le May (héros principaux ou cités au passage) ou d’autres inventés pour la circonstance,
4) avoir rédigé la première version de la nouvelle et nous l’expédier, à Jean-Marc et moi-même, pour début juin 2013 au plus tard.
Mais avant tout, si possible d’ici fin décembre 2012, nous souhaitons savoir qui d’entre vous sera participant(e) potentiel(e) à cette aventure !
En cas d’absence de textes inédits, il sera envisagé de rééditer l’un des romans majeurs de la série – un choix assurément difficile, mais les pistes existent déjà.
Alors, à vos souvenirs, à votre courage et à votre inspiration…
Comptant sur vous, « Anticipassionnément Vôtre »!
http://www.riviereblanche.com/interco.htm

29/07/2012

Jean et Doris Le May - Les Trésors de Chrysoréade

Chrysoréade.jpgChrysoréade est un monde mort. Entré en collision avec une autre planète et depuis soumis à une pluie permanente d'astéroïde au niveau de son équateur, il n'est plus qu'une coquille vide, sans atmosphère, abandonnée de sa population depuis des décennies.

Mais Chrysoréade est aussi un monde-musée, car les Chryséens furent autrefois des artistes libres et universellement reconnus. Aussi vient-on en croisière visiter les monuments qu'ils ont laissés, parfois intacts, derrière eux. Et dans un des batiments on exibe à la curiosité des visiteurs quelques uns des joyaux créés par les plus fameux des artistes chryséens. Jusqu'à ce que deux d'entre eux soient volés au nez et à la barbe de la sécurité, et bien sûr d'Interco...

Les Trésors de Chrysoréade (1973), de Jean et Doris Le May, fait partie de leurs romans dont il est difficile de dire du mal, et dont on sait en même temps qu'ils ne sont pas parfaits. Comme cela leur arrive trop souvent, ils ont bâti leur structure narrative en deux parties, la première étant totalement différente de la seconde, tant par le ton que par le style, ce qui a pu me faire penser (notamment dans le cas de Vacances spatiales, mais le roman Il était une voile parmi les étoiles a le même défaut), que les deux parties péexistent puis qu'elles sont collées ensemble artificiellement.

Ici la première partie est remarquable. Les Le May procèdent efficacement en donnant d'abord un descriptif du cadre - Chrysoréade, puis le vaisseau de croisière - avant de passer à la description des personnages principaux, en une série de portrait hauts en couleurs, brillants et parfois drôles. Une mise en place vraiment intéressante - et qui n'est d'ailleurs pas sans faire penser à Valérian, la BD de Christin et Mézière, notamment à l'épisode Sur les Frontières dont on peut se demander si le style des Le May ne l'a pas un brin inspiré...

Cependant, suite au vol, on passe rapidement à une deuxième partie qui évacue l'essentiel des peronnages présentés auparavant, pour mettre en valeur des enquêteurs d'Interco pour une fois plutôt fades. Pire, cette partie est terriblement bavarde, sans éclats, malgré l'idée remarquable qui la soutend.

Malgré cela, on lit ce petit roman sans déplaisir, pour passer le temps, ce qui n'est déjà pas un mal. Mais ça n'est pas un grand Le May. 

25/07/2012

Jean et Doris Le May - Les Fruits du Metaxylia

Metaxylia.jpgIl y a dans l'ensemble des romans produits par les Le May d'incontestables échecs (Vacances spatiales), mais aussi des romans populaires remarquables (Les Cristaux de Sigel Alpha, Les Hydnes de Loriscamp), et enfin des textes incomparablement plus ambitieux. Les Fruits du Métaxylia est de cela.

Pourtant le prologue n'est guère engageant. On découvre sur Mars une étrange sphète, le Métaxylia, qui semble contenir bien des informations, mais que personne n'arrive à déchiffrer. Un savant, un Ytruvien, y parvient toutefois et ce sont ainsi quatre récits tirés de ce Métaxylia, qui vont nous être racontés. Ce prologue, vaguement humoristique, s'avère un brin lourd. La suite est d'une autre trempe.

Nous sommes à une époque reculée. Un homme préhistorique, Jil, étranger au sein de sa horde, tant par son physique que par son intelligence, noue une relation étrange avec l'étalon d'un troupeau de chevaux, et tombe amoureux de la fille du chef d'une autre horde, une fille étrange, blonde aux yeux violets. Il quitte son groupe pour se lancer à la suite de l'autre, dans l'espoir d'enlever la fille.

Nous sommes dans une sorte de Moyen Âge. Un Moyen Âge avec un dragon, que chevauche Gilles, un chevalier venu au secours du roi de Vaur et de sa fille, une belle blonde au yeux violets, dont le chateau est assailli par trois sorciers rebelles et leurs troupes.

Nous sommes dans une sorte de XIXe siècle. Gil chevauche sans trêve, sur son mustang noir, pour secourir Roy de Vaur et sa fille, assiéger dans leur ranch par une troupe de brigands.

Nous sommes dans un lointain futur. Giles, agent d'Interco, à bord d'un engin semi-intelligent, s'en va à la rescousse d'un immense vaisseau de croisière endommagé - et même quasiment détruit - à bord duquel il va faire la connaissance d'une belle fille blonde aux yeux violets. Mais le vaisseau s'approche dangereusement d'une étoile naine, dont l'attraction risque de les capturer pour toujours.

Quatre histoires, presque quatre fois la même. Un cycle qui semble se répéter à l'infini au fil du temps et de l'évolution de la civilisation, sur un monde qui n'est pas tout à fait le nôtre. Quatre histoires servies par une poésie étonnante, peu banale au Fleuve Noir, et même tout simplement en science-fiction. On pense parfois à Cordwainer Smith en parcourant ces pages. Non pas par le sujet, mais par le ton employé. S'il n'y avait ce prologue inutile, Les Fruits du Métaxylia pourrait être considéré comme une oeuvre majeure.