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19/08/2015

Jean-Marc Ligny - La Saga d'Oap Tao

Oap2.jpgIl fut un temps, dans ses dernières années, où le Fleuve Noir, pour sa collection Anticipation, avait pris la sale manie de tronçonner des romans trop gros en plusieurs tomes. Mauvaise idée, car il suffisait d'en manquer un pour que tout soit fichu. 

Ça fait des années que je possède deux des trois tomes de La Saga d'Oap Tao, de Jean-Marc Ligny, volumes restés dans ma bibliothèque sans être lus, faute d'avoir le troisième. Et puis ActuSF a eu la bonne idée de rééditer le tout en un seul bloc. 

Oap.jpgAlors voilà, plus d'excuse. 

Tout commence d'une façon très "Star Wars": Oap Tao est un bourlingueur à l'ancienne, façon Han Solo. Deux étudiants le rencontre dans un bistrot de l'espace, qui, à son heure de gloire, fut sans doute un peu que le bar de Tatooine (c'est d'ailleurs le nom donné à un monde par l'auteur, en guise d'hommage). 
Mais il y a une grosse différence. Certes Oap Tao est assez peu recommandable, il trafique de tout et n'importe quoi. Mais il ne tire pas le premier. Il a même horreur de se servir de ses armes. 

Il est un tout jeune paumé quand il recueille, presque par inadvertance, un droïde endommagé, impliqué dans le traffic d'une mystérieuse drogue: la fleur. Nulle ne sait exactement d'où vient la fleur, en dehors de ce droïde à la mémoire effacée, et son ancien complice maintenant mort. Aussi un chef mafieux confie à Oap Tao le soin de trouver le monde d'origine de la fleur. Mais Oap Tao n'est pas du genre à abandonner son indépendance au profit de qui que ce soit.

Du space op, et du bon. Pas de métaphysique, pas de hard science, mais des bourlingueurs, de débrouillards, des paumés, des types sympathiques ou non, des personnages hauts en couleur, et des rebondissements, des tas de rebondissements. Tout cela au final pour une lecture estivale parfaite.

Oleg Riaskov - Fantassins

fantassins-dvd.jpgRéveillons un peu ce blog, en cette fin de vacances, avec un film russe, Fantassins (de son titre original: Serviteur du Souverain) d'Oleg Riaskov (2007). 

Un film fort sympathique, façon Alexandre Dumas adapté par André Hunebelle, quoi qu'en plus saignant. Deux nobles de la cour de Louis XIV, le comte de la Bouche et le chevalier de Brezé, se sont battus en duel pour une dette de jeu et l'amour d'une demoiselle. Or le roi a pris les duels en haine et se décide à punir comme il faut les deux combattants par un exil au fin fond de l'Europe "barbare". Le comte de la Bouche est envoyé comme observateur auprès de Charles XII de Suède, tandis que de Brezé devra rejoindre Pierre le Grand, en Russie. 

Mais Charles XII a envahi la Russie, et les deux souverains vont se livrer bataille à Poltava.

Qu'on se rassure: Fantassins n'est pas vraiment un film de guerre. C'est un film d'aventure qui narre les déboires d'un courtisan, fin bretteur cela-dit, en Pologne puis en Ukraine, auprès de gens (Polonais, Russes, Ukrainiens) dont il ne comprend pas un traître mot, puisqu'il ne parle que français. Mais il va se lier d'amitié avec un capitaine de la garde qui va le conduire tant bien que mal à bon port.

Le film n'est pas un chef d'oeuvre, mais il remplit bien son office en étant distrayant, humoristique quand il le faut, servi par des acteurs convaincants. Le contraste entre le noble courtisan et le milieu dans lequel il se retrouve plongé est vivement rendu et sert à justifier la volonté réformatrice de Pierre le Grand, exprimée à la fin du film. Bref, un parfait film de cape et d'épées, comme on disait il n'y a pas si longtemps, et qu'on est maintenant bien incapables de faire en France.

On notera juste qu'historiquement, il y a parfois quelques distorsions: comme justifier par exemple que lors de la bataille de Poltava il n'y ait pas le moindre cosaque, alors que leur rôle, dans les deux camps (la célèbre de lutte de Palei contre Mazepa) a été déterminant?

Un mot maintenant de la traduction. Et là, ce sera plutôt un coup de colère. 

Comme d'habitude hélas en France, ce film nous arrive avec une traduction de l'anglais. Parfois ça passe, parf
*

ois pas. Or ici, on accumule les contresens, les approximations, voire les erreurs. Pas de bol: pour une fois, les sous-titres sont signés. Donc, madame Brigitte Badier, vous qui traduisez de l'anglais, vous étiez incompétente pour travailler sur ce film. Vous auriez dû au mieux refuser de le faire, ou au pire, si vous aviez vraiment besoin d'argent, éviter que votre nom apparaisse. Alors tant pis, ça vous tombe dessus, mais j'en ai raz le bol que le cinéma russe, même s'il est populaire, soit systématiquement salopé à ce niveau.

09:22 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0)

14/01/2015

Richard Marsh - Les Enquêtes de Judith Lee

judithlee01.jpgJe sais, copinage, tout ça, j'ai été édité dans la même collection, blabla. Je m'en fiche. J'aime Rivière Blanche, et pas simplement en tant qu'auteur ou anthologiste, mais aussi et surtout en tant que lecteur. 
D'autant plus qu'il y a ce projet complètement dingue de Jean-Daniel Brèque, de faire revivre le roman policier victorien (avec quelques écarts tout de même) dans sa collection "Baskerville". 

Je ne suis pas très amateur de policier, mais ces Enquêtes de Judith Lee, je ne sais pourquoi, m'intriguaient. 

Judith Lee a un talent encore rare pour l'époque: elle sait lire sur les lèvres des gens. Ce qui lui permet d'ailleurs de vivre, puisqu'elle fait ordinairement office de préceptrice auprès d'enfants sourds.

Mais c'est aussi une indécrottable curieuse, qui ne peut s'empêcher de saisir ce que se disent les autres dans les espaces publics. Et lorsque ces propos contreviennent à la loi ou à sa morale, elle ne peut pas plus s'empêcher d'intervenir, sûre de son bon droit.

Car Judith Lee est ce qu'on appellerait une admirable chieuse. Une casse-pied qui se mêle de ce qui ne la regarde pas, au grand détriment des truands. Certes, les nouvelles qui composent ce recueil sont toutes bâties sur le même canevas (Judith Lee surprend une conversation, laisse passer un peu de temps, puis surprend une autre conversation et décide d'intervenir, et lorsque tout va mal, Scottland Yard a la bonne idée d'intervenir au premier signe). 

Mais voilà, Judith Lee, toute chieuse qu'elle est, est charmante. Vraiment charmante. Presque adorable. Misanthrope (non dans le sens qu'elle n'aime pas l'humanité, mais dans celui qu'elle n'aime pas les hommes, qu'elle considère comme des crétins), et totalement désintéressée (elle sauve des gens gratuitement, juste pour satisfaire sa propre morale), elle fait preuve parfois d'une grande naïveté mais a le don de retomber toujours sur ses pieds. Et on se prend à la suivre dans ses aventures avec un réel plaisir.

Ces enquêtes ne sont bien sûr pas un monument de littérature, mais elles détendent, et invitent régulièrement à sourire, ce qui n'est pas un moindre mal par les temps qui courent. Bref, une lecture qui fait du bien.