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29/09/2011

Faux airs - 8

Tiens, ça faisait longtemps que je n'avais pas trouvé de faux airs musicaux. Mais là, j'en tiens un beau, avec deux monstres sacrés: Neil Young et Peter Gabriel. Et deux chefs d'oeuvres, pour bien faire.

La chanson de Neil Young est A Man Needs A Maid, du célébrissime Harvest (1972), un album sur lequel Young s'était offert, le temps de deux titres dont celui-ci, les services du London Symphony Orchestra.

Celle de Peter Gabriel est Signal To Noise, un sommet de noirceur présent sur Up (2002) et composé avec la participation de Nusrat Fateh Ali Khan.

Il se s'agit pas vraiment de rechercher une ressemblance intime entre les deux morceaux, mais simplement entre deux phrases musicales, très courtes dans chaque cas.

Ecoutez A Man Needs A Maid puis Signal To Noise.

La phrase musicale se trouve de 3:08 à 3:30 chez Neil Young, et de 5:50 à 6:00 chez Peter Gabriel (répétée de 6:50 à 7:00).

Même accord descendant (en tout cas il me semble), même rythme, même orchestration (le piano de Young étant remplacé par des percutions chez Gabriel). Seule la mélodie elle-même diverge, avec moins de notes chez Young, ce qui tend à faire passer son rythme pour plus lent (ce qui n'est pas le cas). La phrase est aussi répétée deux fois de suite chez Young.

Notons qu'elle ne se trouvait pas dans la version originale composée par Peter Gabriel, sans doute en 1996, comme le montre cette vidéo.

 

Mais on me signale dans le creux de l'oreille que Peter Gabriel aime beaucoup Neil Young...

23/06/2011

Un dauphin dans le métro

Ca fait déjà un petit moment que j'avoue une admiration de plus en plus forte pour le travail de Dolphin (ou Del'fin, enfin Дельфин quoi), un groupe puis duo russe. Dolphin, c'est essentiellement le rapeur Andreï Lyssikov et le guitariste (et bricoleur sonore) Pavel Dodonov.

Sur scène, ils ne jouent plus qu'à deux, avec une batterie de pédales et de boîtiers sous leurs pieds, comme en témoigne ce Cyberpunk avec un gros sample de Ghost in the Shell par Kenji Kawai:

En vidéo, cela donne des choses très fortes comme Без нас (Sans nous):

Et même lorsqu'ils s'associent à une obscure chanteuse pop finlandaise, cela donne un duo de haute volée:

Mais bref, ce qui me refait parler de lui aujourd'hui (je l'avais déjà fait sur divers forum), c'est le fait que je me suis souvenu qu'en 2009, Dolphin avait été contacté par Dmitri Gloukhovski pour composer une sorte de bande originale pour son roman Métro 2034. Gloukhovski voulait créer comme une sorte de projet multimédia, et avait par ailleurs aussi fait appel à l'excellent illustrateur Anton Gretchko.

De fait, les deux complices ont mis sur le site de Metro 2034 deux pistes, qui aurait dues être suivies de tout un album en 2010, album hélas pas encore disponible.

Et donc Tunnel, piste 1, s'écoute ici, tandis que Tunnel, piste 2 s'écoute là et peut même se regarder ici (vidéo non officielle).

Enfin, une vidéo de "making off", où l'on peut voir que l'enregistrement s'est effectivement fait dans un tunnel, a aussi été mise en ligne:

De l'excellent travail, pour ceux qui aiment les choses électroniques à tendance industrielle.

08/02/2011

Dakha Brakha - Light

Ça fait des semaines que je pourris mes contacts sur Facebook avec des vidéos du groupe ukrainien Dakha Brakha. Il fallait donc bien que je fasse quelque chose ici, d'autant plus que leur quatrième album, Light, est sorti à la toute fin de l'année 2010, et qu'il est... comment dire... spécial.

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Dakha Brakha est un ensemble qui à la base joue de la musique traditionnelle ukrainienne (cependant sur des airs de leur propre composition), avec un habillage résolument moderne. Quatre interprêtes composent le groupe, dont trois femmes, tous multi-intrumentistes (percussions, violoncelle et accordéons, essentiellement) et surtout exceptionnellement doués pour les polyphonies. Déjà sur leurs précédents disques, pouvait-on entendre quelques sonorités venues d'ailleurs: d'Afrique, d'Asie centrale, etc.

Light pousse à l'extrême le goût du métissage, et se retrouve donc être un disque particulièrement déstabilisant. Electro, dub, et même rap sont appelés en renfort, en sus une nouvelle fois d'influences africaines et même chinoises! On navigue de gentilles balades mélancholiques comme Specially for you, à d'étranges raps, pour l'un clairement assumé "des Carpathes" (Karpatskyi rep), pour l'autre clairement plus urbain, le jouissif Tjolky, qui justifient l'étiquette d' "Ethno-Chaos" que le groupe se donne.

Tout ça se clôt par un sublime Please don't cry, reprise impressionnante de Morning Light, du groupe de drum n' bass Concord Dawn (l'occasion d'entendre pour la première fois sans doute un violoncelle branché sur une pédale de distorsion!), et Buvayte zdorovi, un morceau qui retrouve des voies précédemment empruntées par le groupe, donc peu surprenant, mais qui contribue par son calme souverain à apaiser la tension soulevée par les morceaux précédents.

Il ne faut donc pas avoir peur de se laisser surprendre par Dakha Brakha, pour peu qu'on accepte de se laisser emporter par des musiques qu'on pensait ne pas pouvoir aimer (rap et dub par exemple). Il faut accepter de les laisser bousculer nos idées reçues. Light est un grand disque, qui confirme qu'il existe bien, à l'Est, une scène "ethno" d'une grande modernité, et dont Dakha Brakha est, avec la russe Inna Zhelannaya et les polonais du Warsaw Village Band, l'un des meilleurs représentants.

 

Il n'est hélas guère aisé de commander cet album en France, sauf à accepter de passer par des sites étrangers, comme celui-ci.

Sinon, il reste toujours cette solution.

 

15:37 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0)